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Moratoire urgent sur les coupes rases forestières

  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

Source de l'image, Wikimedia Commons


En cette période estivale 2026 où le réchauffement climatique de la planète fait se combiner canicules et sècheresses hors normes, les feux de forêt embrasent le territoire français. Si la pluie ne tombe pas en quantité suffisante, il est à prévoir cette année des records de surfaces de zones incendiées et de sols mis à nu.

 

Dans le même temps les travaux sylvicoles intensifs continuent comme si de rien n’était au cœur des massifs forestiers. Qu’importe les reproductions d’oiseaux et de chauves-souris, qu’importe les risques d’étincelles et de départ de feu, il faut amortir le coût énorme des abatteuses-déligneuses et approvisionner en continu les méga-scieries et les centrales à bois.

 

En France, les coupes rases brutales (90% du couvert retiré) défrichent en moyenne 62 000 ha de forêts par an (90 000 ha si 50% du couvert retiré). Outre leurs impacts négatifs multiples sur la biodiversité et les cycles biogéochimiques (dont celui de l’eau), dans le cas des conversions de forêt feuillus en plantation de résineux, ces coupes sont suivies d’un dessouchage qui libère de grandes quantités de carbone.

 

A ce rythme-là, les forêts françaises, déjà affaiblies par les canicules répétées, les déficits hydriques et les invasions de ravageurs, vont finir par émettre plus de gaz à effet de serre qu’elles n’en captent. Une boucle de rétroaction positive dont nous nous passerions volontiers alors que les températures ne cessent de grimper.

 

Récemment une proposition de loi (modification de la politique forestière pour répondre aux enjeux d’adaptation des forêts au changement climatique) voudrait (parmi tout un panel de propositions salutaires) réglementer strictement les coupes rases et interdire le dessouchage. Mais le lobbying de la filière bois est si agressif et les rivalités politiques partisanes si aiguës qu’à peine une soixantaine de députés (la plupart écologistes sociaux et de gauche) l’ont co-signée. Il est déplorable qu’un texte aussi vital à la fois pour notre bien-être et celui de la biosphère, indirectement bénéfique aussi à notre économie,  recueille si peu de signatures à l’Assemblée Nationale.

Plus grave, dans le contexte brûlant de cet été de tous les dangers, il n’est même pas sûr que cette proposition de loi soit rapidement examinée.

 

C’est pourquoi, pour limiter les dégâts, nous demandons au Gouvernement d’envisager d’urgence un moratoire interdisant, au moins jusqu’à l’hiver 2026 et le retour des pluies, toute coupe rase de plus d’un demi-hectare en forêt feuillus et mixte, sur tout le territoire de la République.


Bernard Bousquet Gérard Charollois Antoine Waechter

Ingénieur civil du GREF Président de la Président du Mouvement

Docteur en Ecologie SEPANSO Dordogne Ecologiste Indépendant

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