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Le MEI s'exprime sur les data centers à Rantilly

21h
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 3h

Vue d'artiste du projet de data center à Rantilly (Oise)


Le Mouvement Ecologiste Indépendant s’est rendu ce 23 octobre à Rantilly pour alerter sur les impacts environnementaux liés au projet d’implantation d’un vaste data center sur la commune.

Antoine Waechter, président, Erwan Rohou, candidat à l’élection présidentielle et Bruno Ladsous, porte-parole de notre parti ont pu exprimer devant ces associations et devant la presse, les points de vue suivants :

 

 - les supports matériels du numérique que sont ces grands data-centers doivent résulter d'une planification territoriale et économique à laquelle la représentation nationale doit avoir part, plutôt que relever de l'anarchie aujourd'hui constatée. A fortiori, en raison des enjeux de souveraineté associés, sans oublier l'argent public placé dans ces projets sans que l'on en connaisse la contrepartie mesurable effective.


L'existence d'une proposition de loi sénatoriale visant à encadrer l’implantation des centres de données sur le territoire français va dans ce sens.

 

 - les riverains de ces projets doivent être réellement consultés, au-delà du rituel administratif qu'est devenue l'enquête publique.

Que ce soit sur ce sujet, sur l'éolien ou sur d'autres sujets encore, c'est toujours une erreur politique et humaine profonde que de décider contre la population. 

Nous avons donc évoqué la nécessité d'une consultation par vote de la population, en recherchant une majorité qualifiée.

 

 - en l'espèce la population concernée ne semble pas désireuse de cet énorme projet porteur de nuisances de divers ordres : rupture de la cohérence esthétique et de la beauté de ces lieux qui par surcroît possèdent un patrimoine de qualité - tout un cadre de vie ainsi remis en question - mais aussi nuisances acoustiques, impacts aujourd'hui insuffisamment qualifiés de ce projet en matière de zones humides et de gestion de l'eau, fragmentation des habitats de nombreuses espèces y compris des espèces volantes, artificialisation de sols agricoles (au moins en partie), tout cela fait beaucoup.

 

Erwan Rohou et le Mouvement Ecologiste Indépendant appellent donc à ce que :

 

 - à Rantigny comme pour les autres projets relevant de la même configuration il soit sursis à statuer, la population n'étant de toute évidence pas prête à les accepter en l'état ;

 

 - les impacts environnementaux complets de ce projet soient établis, d'une manière incontestable, et en particulier ici les enjeux sur l'eau et sur la biodiversité ;

 

 - d'une manière plus large au plan national, un temps soit donné à une planification indicative mais de qualité, à laquelle sera associé le Parlement comme il se doit. 

 

 


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Ci-dessous, le texte remis à la presse détaillant plus complètement notre position générale sur ce type d’installations.



Respectons notre territoire, ses ressources et ses habitants

 

L’implantation de gros data center comme à Rantilly suscite partout une opposition justifiée des populations locales : Par exemple, Rantilly a un frère en Alsace à Petit Landau  même investisseur : Microsoft ; même parti architectural ; même impact sur les terres agricoles ; même consommation d’énergie ; même opposition locale.


350 centres de données sont déjà en service en France : ils sont pour la plupart discrets et n’ont soulevé aucune contestation. Ce ne sont pas ces équipements qui sont discutés. Nous pourrions, nous devrions peut-être parler des menaces de l’intelligence artificielle, mais ce n’est pas non plus de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Notre souci, ici et maintenant, ce sont les 35 méga data centers et les 109 milliards d’investissements annoncés : 8 dans les Hauts de France, 7 dans le Grand-Est, 7 en Île de France et 4 en Auvergne-Rhône-Alpes, portés par Google, Microsoft, Amazon et différents pays du Moyen-Orient.

 

Ces investissements s’accompagnent d’impacts environnementaux significatifs (paysagers nuisances sonores) et d’importants prélèvements sur des ressources nationales rares : le foncier, l’eau et l’énergie. Si la production d’électricité est actuellement excédentaire, elle le doit aux éoliennes qui saccagent nos paysages et aux parcs photovoltaïques qui s’installent en forêt (Landes), sur les plans d’eau, dans les vignes (Alsace) et dans les champs.

 

Cette politique est critiquable a au moins trois titres

 

  • Tout d’abord elle ne répond à aucune procédure démocratique. Ces prélèvements étrangers sur nos ressources nationales n’ont pas fait l’objet d’une décision du Parlement ou d’un contrôle préalable par les députés. Ils sont imposés d’en haut jusqu’au niveau local où les populations se révoltent (Haut-Rhin, Indre, Oise…), et des communes s’opposent.


  • Ensuite le pays est livré aux manœuvres des capitaux étrangers en l’absence de toute planification qui permettrait d’introduire une rationalité. Les implantations débordent sur des terrains vierges (où la friche, quand elle existe, ne représente qu’une fraction), acquis ou en voie d’acquisition par une instance publique (commune, communauté de commune…) qui se fait l’intermédiaire avec l’investisseur. Les implantations ne répondent pas à une logique de service dans l’intérêt de l’économie nationale, mais s’inscrivent dans une compétition pour la maîtrise d’un marché, avec pour traduction la création d’équipements inutiles. L’absence de planification ne conduit pas à brancher les installations sur un réseau de chaleur.

 

  • Enfin ces centres s’exonèrent des règles commune prévues par la législation « Résilience et Climat » en bénéficiant des dispositions d’une loi rapidement élaborées dite de simplification de la vie économique adoptée le 26 mai 2026 et publiée dès le lendemain au journal officiel.


Cette législation participe à la régression environnementale des trois dernières années. Elle permet de sortir des quotas fonciers communaux (carte communale, PLU, PLUi), intercommunaux (Scott) et régionaux (SRADETT) les projets déclarés d’intérêt régional majeur (l’autoroute A69 a aussi bénéficié de cette disposition). Le cumul des projets d’artificialisation a atteint des  niveaux de superficie que nous n’avions plus connus depuis les années 1960-70 (data centers, centres de logistique, nouvelles zones industrielles, projets routiers…)

 

 

Remarques complémentaires

 

2 % de la production électrique sont déjà affectés aux 350 centres de données existants.

 

A l’exception des clouds affectés à des usages identifiés, les datas centers peuvent être placés n’importe où sur la planète. Nous sommes d’accord pour que la France prennent une part des supports de l’Intelligence Artificielle, mais pas que, comme la grenouille qui voulue devenir aussi grosse que le bœuf, la France veuille être le premier et le plus puissant dans ce domaine en Europe. Ce n’est pas une option technique, mais un choix politique.


Enfin l’argumentaire de la souveraineté numérique ne tient pas lorsque l’on confie ses données à Microsoft ou Google. Et puis échanger une souveraineté alimentaire (artificialisation des terres agricole) pour une souveraineté numérique, est-ce bien raisonnable ?

 

Nos propositions

 

- Adopter une ambition plus modeste, permettant de privilégier les acteurs français.

- Soumettre ces projets (comme d’autres) à la possibilité d’une consultation populaire par le referendum d’initiatives citoyenne.

- Conditionner l’implantation de centres à l’existence d’un réseau de chaleur pouvant recueillir la chaleur résultante.

- Privilégier dans le respect du Zéro Artificialisation Net (loi ZAN) l’usage de friches industrielles ou minières en minorant au maximum l’emprise foncière

- Mettre en œuvre des technologies qui permettent à l’intelligence artificielle d’être frugale en foncier comme en énergie

 

Pour le Mouvement Ecologiste Indépendant

Antoine Waechter, Bruno Ladsous, Erwan Rohou

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