Pouvoir d'achat ?

Dernière mise à jour : 30 oct. 2021


Le pouvoir d’achat serait la première préoccupation des français selon certains sondages. Si vous demandiez à nos concitoyens s’ils ont envie de gagner plus, il serait étonnant que beaucoup répondent non. Mais cela fait quarante ans que cette prétendue priorité pollue le débat présidentiel. Il donne l’occasion à tous les candidats de plaider la croissance. Rappelons que nous sommes l’un des pays les plus riches du monde et que notre rémunération est 24 fois supérieure à celle des habitants de l’Afrique centrale. N’est-il pas indécent de vouloir être plus riche encore ?

La question de fond est celle des travailleurs pauvres, c’est-à-dire de ceux qui contribuent à la richesse collective mais qui restent dans l’anxiété des fins de mois.

La logique développée par la majorité des candidats consiste à penser qu’en étant collectivement plus riches, la question de la répartition ne se posera plus. C’est la théorie du « ruissellement » ou encore le slogan « travailler plus pour gagner plus ». Or, l’augmentation du Produit Intérieur Brut ne garantit pas une réduction des inégalités et elle s’accompagne souvent d’une augmentation du coût de la vie.

La financiarisation de l’économie a déséquilibré la répartition des gains du travail. Le salaire n’est pas considéré comme un mode de répartition social, mais comme un élément des frais de production. Lutter contre la pauvreté, c’est renforcer les dispositifs en place (prime pour l’emploi), mais c’est surtout rééquilibrer la répartition entre les salaires, les dividendes, le prix du produit et les prélèvements fiscaux. La question du rôle social de l’entreprise est au cœur de cette question.

C’est pourquoi nous réunirons un grenelle de l’entreprise pour élaborer une charte de l’entreprise nouvelle précisant les droits de l’entreprise associée à ses devoirs éthiques, sociaux et économiques dans la société. Si besoin, le contenu de cette charte pourrait alimenter un nouveau code législatif.

La question du pouvoir d’achat est avivée par la hausse du prix de l’énergie. Celle-ci initie une posture schizophrénique car cette hausse est une incitation vers une consommation plus vertueuse. Chacun a la possibilité de neutraliser cette hausse en adoptant un véhicule moins énergivore et en adoptant les transports collectifs pour les déplacements pendulaires habitat / travail. Il est aussi possible de réduire sa consommation en réduisant sa vitesse et en isolant sa maison. L’État doit favoriser cette évolution en remettant en services les voies ferrées fermées dans les années 1950-1960 (tramway pour les petites lignes de moins de 60 kilomètres), en interdisant les zones d’activités créées aux échangeurs routiers ainsi que les grandes surfaces commerciales en périphérie de ville.

Ne jouons pas à l’autruche, le prix de l’énergie est condamné à augmenter et la seule manière de s’en défendre est d’en être moins dépendant.

Antoine Waechter


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